Le marché des véhicules de loisirs va prendre un tournant majeur dans les prochaines décennies. L’interdiction de la vente de véhicules thermiques est prévue dans les calendriers d’ici 2040. Alors qu’aujourd’hui 95 % des véhicules vendus roulent à l’essence ou au diesel, quel avenir pour nos vans et fourgons aménagés ? Quelles alternatives possibles face à l’interdiction du diesel en France
Interdiction du diesel en France : quel avenir pour les camping-cars, vans et fourgons ?
Le
marché des véhicules de loisirs va prendre un tournant majeur dans les
prochaines décennies. L’interdiction de la vente de véhicules thermiques
est prévue dans les calendriers d’ici 2040. Alors qu’aujourd’hui 95 %
des véhicules vendus roulent à l’essence ou au diesel, quel avenir pour
nos vans et fourgons aménagés ? Quelles alternatives possibles face à
l’interdiction du diesel en France ?
Interdiction du diesel en France : point sur les réglementations
Alors
que la Grande-Bretagne a annoncé la fin de la vente des véhicules
thermiques d’ici 2030, la France a opté pour le cap de 2040. Mais par
contre les véhicules d’occasion essence/diesel seront interdits à la
revente dès 2030. Dans ce contexte, on peut se demander s’il est
avantageux d’investir dans l’achat d’un fourgon ou d’un camping-car
sachant que si on souhaite le revendre, ça ne sera plus possible.
Zoom sur l’essence et le diesel Ces
2 carburants sont produits à partir de pétrole. La composition de l'essence est régie par
la norme EN 228 et se caractérise par l’indice d’octane, relatif à
l’optimisation de la combustion. C’est la norme EN 590 et l’indice de
cétane qui concernent le diesel. L’essence renferme des
hydrocarbures plus légers (environ 5 à 11 atomes de carbone contre 12 à
25 atomes de carbone pour le diesel). Le moteur diesel est moins gourmand en carburant que l’essence.
Les
véhicules à moteur émettent des gaz à effet de serre (la concentration
dans l’atmosphère terrestre des ces gaz est l’un des facteurs provoquant
le réchauffement climatique). On constate que cette concentration est
de plus en plus élevée. Deux raisons à cela : le boom des SUV sur le
marché (véhicule plus polluant) et l’augmentation du nombre de véhicules
roulants.
Dans l’optique de réduire ces gaz, la France a voté pour la loi climat et Résilience pour accélérer la transition écologique. Concrètement,
quel impact pour nos modes de déplacements ? Cette loi prévoit notamment
l’interdiction des vols intérieurs lorsque l’alternative train met
moins de 2h, la fin des ventes des voitures neuves polluantes (plus de
95 gr de dioxyde de carbone/km), un enseignement à l’écoconduite pour
les chauffeurs routiers… Et surtout la création d’ici 2024 de ZFE dans les villes de plus de 150 000 habitants.
Zoom sur les ZFE
Qu’est-ce qu’une ZFE ? Une Zone à Faible Émission est une zone dont la qualité de l’air doit être préservée, grâce à
des restrictions de circulation des véhicules les plus polluants
notamment. Depuis 2016, la vignette Crit’Air a pris place sur nos
pare-brises pour pouvoir entrer dans une ZFE. Un numéro est attribué en
fonction de l’année d’immatriculation du véhicule
Plus
le chiffre est élevé plus la circulation est restreinte. Par exemple à
Paris, les véhicules Crit’Air 4 et 5 et non classés sont interdits du
lundi au vendredi de 8 h à 20 h. Pour le Grand Lyon, les véhicules
utilitaires légers et poids lourds Crit’Air 3, 4, 5 et non classés sont
soumis à des restrictions 24h/24 et 7j/7.
Et l’apparition de
nouvelles ZFE partout en France fera évoluer ces mesures : à Paris,
d’ici juillet 2024, les Crit’Air 2 ne pourront plus circuler (tous les
diesels en fait…).
Alors il faut déjà réfléchir à des alternatives
à ces carburants fossiles. Sans interdire (pour le moment) la
circulation de ces véhicules, de nombreuses zones seront inaccessibles.
Ce qui va à l’encontre de la liberté de voyager quand on est en van ou
fourgon aménagé…
L’électrique, l’avenir de nos véhicules ?
Le tout électrique sera-t-il l’avenir pour nos vans et fourgons aménagés ? Difficile aujourd’hui de l’imaginer ainsi. Certes il existe déjà
certains modèles de fourgons ou camping-cars tout électrique mais c’est
minoritaire. Et un véhicule de loisirs fait face à plus de défis qu’une
voiture classique question électricité.
En effet un véhicule de
loisirs permet d’avaler de nombreux kilomètres. Il permet ainsi de
partir en toute liberté et de façon indépendante et nomade. Alors
qu’aujourd’hui les modèles électriques ont une autonomie très faible,
comment prévoir une technologie suffisante pour les besoin de ce genre
de véhicules ?
Limite majeure : le poids
Les
batteries des véhicules électriques sont lourdes. Si pour une voiture
classique on oscille entre 300 et 600 kg pour quelques heures
d’autonomie, imaginez ce que cela pourrait être pour un véhicule nomade.
Selon Camping-car Magazine, pour 400 km, il faudrait une batterie de 1,5 tonne… pour un coût de 50 000 €. Le prix de certains fourgons !
Pour rappel, un van ou un fourgon se conduit avec un permis B et ne doit pas excéder 3,5 tonnes.
Dès lors qu’on ajoute le poids de la batterie, on peut dépasser ce
seuil mais surtout n’avoir aucune charge utile, c’est-à-dire qu’on garde
le véhicule sorti d’usine sans rien ajouter (vaisselle, équipements,
vêtements, accessoires…). Donc clairement impossible ! Il faudrait, pour
garder cette marge de chargement, que la législation évolue et que le
PTAC passe de 3,5 tonnes à 4,2 tonnes en gardant le permis B. C’est
notamment pour cela que milite la FFCC depuis quelques temps.
Interdiction du diesel en France : déjà des modèles électriques sur le marché
Le
marché du van ou du fourgon n’est pour l’instant pas doté de véhicules
électriques probants. Mais les idées sont là ! Et si le Mercedes
Sprinter, le Fiat Ducato ou encore le Renault Trafic existe déjà en
version électrique pour les utilitaires, il est fort à parier que les
aménageurs professionnels ne vont pas tarder à adopter ces modèles.
Voici d’une part les modèles commercialisés en tout électrique :
Citröen : le E-jumpy (220 km autonomie), e-jumper (340 km autonomie)
Peugeot : l’E-expert (330 km autonomie), e-boxer (340 km autonomie)
Mercedes : E-vito (150 km autonomie), e-sprinter (175 km autonomie)
Volkswagen : E-transporter (140 km autonomie)
Ford: le E-transit (350 km autonomie)
Et voici les modèles qui sont les tuyaux :
ID. Buzz (Volkswagen)
Promis
en 2022, la version électrique du combi Volkswagen ne verra le jour
qu’en 2025. Pour une autonomie de 500 km (batterie de 100 kWh) et un
prix entre 40 et 60 000 €.
E-camper (Mercedes)
Le
premier de la marque qui va être commercialisé auprès du grand public
en 2022, 4 couchages sur EQV. Il aura une autonomie de 350 km (sur
batterie 90 kWh) avec un prix à partir de 74 000 €
Le Truck électrique (Canoo)
Canoo,
société américaine, est spécialisée dans l’électrique. La particularité
de ce Truck est qu’il a été conçu pour accueillir une coque pour le
transformer en un véhicule à toit levable, entre van et camping-car. Son
autonomie est estimée à 320 km et sa sortie est prévue en 2023.
E-Fixxter(Camperfixx)
Les
spécialistes néerlandais VDL Bus Venlo, qui produit des bus, et
Camperfixx, qui aménage des vans, se sont associés pour proposer
l’e-Fixxter, le premier véhicule du genre. Un prix à partir de 74 000 €
pour une autonomie de 300 km.
Certes
l’électrique promet de belles choses pour contrer l’interdiction du
diesel en France d’ici 2040 mais les budgets sont conséquents… Et le
tout électrique n’est pas sans conséquence sur la pollution, notamment
pour la fabrication des batteries…
Au gré des vents – vols en montgolfières en Loir-et-Cher (41)
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